27e Printemps des poètes

Structure de fils de laine en forme d'éruption volcanique

Ces mots traversent les frontières : 108 poètes d'aujourd'hui

Reuzeau, Jean-Yves (1951-....)
Ces mots traversent les frontières est l'une des anthologies du Printemps des Poètes 2022. Elle met en lumière la poésie contemporaine ! Ici, la curiosité et la diversité l'emportent sur le dogme. - Cette anthologie du Printemps des Poètes réunit autour du thème des frontières les textes inédits d'une centaine de poétesses et poètes contemporains francophones. Ainsi, elle est le témoin du foisonnement de la création poétique de l'année 2022. - Ces mots traversent les frontières, célèbre la poésie contemporaine et la diversité des voix qui la composent. Ici, aucun courant poétique ni aucune doctrine littéraire ne font la loi. Au fil des pages, vous découvrirez des textes singuliers qui interrogent chacun à leur manière la notion de frontière. - Le livre est dédié aux poètes disparus en 2022 : Jeanine Baude, Michel Deguy, Henri Deluy, Michelle Grangaud, René de Obaldia, Jean-Luc Parant.

De vert en vers

Escoriza, Julie
Qui a dit que la poésie ne pouvait pas allier humour et réflexion sur le monde qui nous entoure ? En tout cas pas l'illustratrice Julie Escoriza ! Dans son album De vert en vers, nature et animaux passent par les situations ou les états d'âme les plus absurdes. On découvre qu'absorbé par ses pensées, le poisson-volant s'est trompé de côté en rejoignant les rangs. Ou encore que le tournesol trop curieux s'est réveillé cette nuit. Voulant observer la lune, il s'est fait un torticolis. Ces instantanés à teneur poétique, accompagnés d'illustrations créatives et décalées, ne sont jamais gratuits. Ils jouent avec les divers sens d'un mot et sa mise en contexte. La couleur verte est l'autre fil conducteur qui contribue à faire de cet album une promenade entre nature et culture.

Derrière les maisons

Mathy, Philippe (1956-....)
" Derrière les maisons " que voit le poète ? Qu'y découvre-t-il ? Un jardin, un ruisseau, le printemps, des arbres. Il aime jardiner, marcher, contempler la nature, qu'une main sur l'épaule le surprenne. "?On sait qu'en son jardin/ on effleure déjà le paradis?". Souligner la discrète vibration d'une feuille, se laisser traverser par le vent, être enlacé par une lumière tendre, tout ce qui s'observe, tout ce qui se ressent, nous entraîne à méditer avec le poète notre condition de passants sur terre. Mais il sait aussi que le "?chemin dénoue les peurs/ t'emmène plus loin?".

Enracinées

Delabroy-Allard, Pauline
Est-ce qu'on s'entendrait si on se rencontrait aujourd'hui ? Pauline et Anouk sont soeurs. Elles ont huit ans d'écart : un gouffre pendant l'enfance. Désormais adultes, voici le temps des retrouvailles : il faut réapprendre à se connaître. Dans cette correspondance poétique et photographique, elles esquissent une mémoire commune. De confidences en promesses, un échange qui sublime les liens familiaux et la sororité.

Francis Ponge, "La rage de l'expression"

Bessonnat, Franck (1996-....)

Haïkus de la Roya

Abbas, Mo
Cet ouvrage est issu du festival "Passeurs d'humanité" organisé dans la vallée de la Roya chaque année au mois de juillet. En 2022, Le port a jauni a été invité sous forme d'une carte blanche : Mo Abbas a choisi de "récolter" des haïkus tout au long de la journée auprès des habitants et festivaliers de la Roya. Tous les soirs à "L'heure bleue" (l'heure du soleil couchant, à laquelle le port a jauni à Marseille), nous lisions des livres du Port a jauni en plusieurs langues, puis Mo Abbas lisait tous les haïkus de la journée. La récolte était vraiment merveilleuse, chaque jour plus vaste et poétique. Les gens se répondaient d'un jour à l'autre, les thèmes se faisaient écho : la solidarité dans la vallée, la tempête, la montagne puissante, la roche, la trace, le passage, la migration, la solitude, la mort, la joie. Le gens se mirent à écrire dans d'autres langues, comme nous lisions dans plusieurs langues. On a vu un livre apparaître, avec une certaine émotion. Parmi les deux cents haïkus récoltés cet été, nous en avons choisi vingt-trois pour peigner la montagne et peindre ses gens. Exceptionnellement, ces poèmes ne sont pas uniquement bilingues français-arabe. Ils sont multilingues de la Roya car la vallée parle de nombreuses langues : les langues de chaque village, saorgien, tendasque, l'italien - la vallée était italienne jusqu'en 1947, le catalan et l'occitan - qui se parlent de l'autre de la montagne, mais aussi toutes les langues des migrants et nouveaux arrivants, l'arabe, le turc, l'anglais, espagnol, etc. Carole Chaix est une fidèle du festival Passeurs d'humanité où elle dessine les gens et la montagne depuis des années. En 2022, elle a participé à la peinture collective de grandes fresques pendant les débats, pour rendre compte des physiques et des dires de chacun. es. Nous lui avons confié l'illustration du recueil de haïkus avec pour trame d'illustration une courbe allant du collectif à la solitude, du village à la montagne, du trait à la matière. Une courbe qui commence avec les gens, les portraits, la foule et va vers la matière de la roche, la montagne, l'ardu et merveilleux tout à la fois. Puis revient aux gens, au passage, au collectif. Une courbe que l'on peut lire à double sens de lecture, arabe et français. L'illustration oscille ainsi entre les fils et lignes du trait, et la matière noire du fusain et du plomb.

Kaddish pour un amour

Tuil, Karine (1972-....)
Le kaddish est l'une des prières de deuil que les juifs récitent plusieurs fois par jour. Il a pour objet, non pas la mort, mais le futur et la sanctification du nom divin. Il n'existe pas de kaddish pour l'amour - alors une femme l'écrit pour l'homme dont elle est séparée. Dans Kaddish pour un amour, celle qui aime cherche l'aimé dans l'absolu de sa présence. La langue est ciselée, épurée, témoin de la fragilité du sentiment amoureux. Ce splendide recueil, habité par un souffle mystique, renoue avec une tradition poétique hébraïque trois fois millénaire et offre une prière universelle pour le retour de l'être aimé.

Mort et vie sévérine

Melo Neto, Joäao Cabral de (1920-1999)
Ce superbe texte poétique de Joao Cabral de Melo Neto raconte la vie de Sévérino, un habitant du Nordeste brésilien qui entreprend une grande migration à travers le sertao pour rejoindre Recife, où il espère trouver une vie plus amène. Suivant le cours du fleuve Capibaribe pour arriver à sa destination, le personnage ne trouve que désolation sur sa route. Il songe à rejoindre les eaux en sautant " hors du pont et de la vie ", mais renonce après avoir assisté à la naissance d'un enfant. Ce récit est avant tout une ode à la vie, un poème écrit dans une langue originale et sublime, qui se lit comme un roman. C'est un texte de combat, toujours d'actualité, qui dit quelque chose du dur parcours des migrants à la recherche d'une vie meilleure. Ce livre majeur de la littérature brésilienne, connu et reconnu par les lecteurs, notamment grâce à quelques vers célèbres mis en musique par Chico Buarque, est resté jusqu'à ce jour inédit en France.

Mélancolie américaine

Oates, Joyce Carol (1938-....)
Le premier recueil de poésie traduit en français de la grande Joyce Carol Oates Dans une langue riche et inventive, Joyce Carol Oates interroge, dénonce et fustige une Amérique amnésique car malade. A la croisée de l'intime et du politique, ces poèmes crient une urgence à la lucidité et à l'honnêteté. Ils disent la peur de la perte, le vide intérieur, la terre boueuse de sang et les hommes ivres de pouvoir, ils martèlent la honte d'un présent né du déshonneur du passé, murmurent le scandale de la nuit et des corps meurtris. Premier recueil de poèmes traduit en français de l'une des plus grandes autrices américaines, Mélancolie américaine explore les contradictions d'une nation perpétuellement en quête d'un ordre social qu'elle ne cesse pourtant de faire éclater au nom d'une mythique et illusoire gloire passée. " Old America, avide de repentir, nous a apporté des présents - ; une flûte taillée dans une défense de morse, une poupée inuit et des crânes en stéatite, des ceintures ornées de perles, des fourrures miniatures et quelque chose qui arrache un cri à Maya "

Poétesses du monde entier : Une anthologie

Brunet, Sylvie (19..-....)
De Sappho à Laura Kasischke, en passant par Emily Brontë, Sylvia Plath, Marina Tsvetaïeva ou Ingeborg Bachmann, ce recueil réunit les poèmes d'une trentaine d'autrices du monde entier. Si certains nous semblent familiers, beaucoup d'entre eux n'ont jamais été publiés en français. Cette anthologie se propose de les mettre en lumière, rendant ainsi hommage à ces audacieuses poétesses.

T'as pas l'impression de prendre toute la couverture ? : Poésies visuelles et jeux de (mauvais) caractères

L'indeprimeuse
Tombée dans l'encre à la naissance, l'Indéprimeuse imprime, coupe, assemble, joue avec les mots et la ponctuation, croque le quotidien avec irrévérence. Elle pratique autant les belles lettres et la typographie que le clin d'oeil, avec un goût incontestable pour l'absurde et le dadaïsme. Découvrez ces quelques 140 aphorismes impertinents, fausses couvertures de livres et autres fantaisies littéraires - dont de nombreux inédits jamais dévoilés - et voyez la vie en magenta, le rose de l'imprimerie ! L'Indéprimeuse, c'est l'histoire de deux soeurs, Felicia et Davina Sammarcelli, imprimeuses corses depuis quatre générations. Pour elles, poursuivre l'héritage familial avec passion et humour est un geste nécessaire, féministe et résolument moderne. Très suivies sur les réseaux sociaux, les auteures ont un mot d'ordre : Né en 1969, Maurice Barthélemy fait ses armes au théâtre et à la télévision dans les années 1990 et 2000, notamment au travers de la célèbre troupe des Robins des Bois. Touche-à-tout, il est aujourd'hui acteur, réalisateur, scénariste et auteur.

Une grammaire amoureuse

Pierré, Coline (1987-....)
J'aime chez toi ce qui m'échappera toujours. Elle l'aime. Il l'aime. Jusqu'ici, tout va bien. Mais en amour, il faut se comprendre, trouver les mots justes et accueillir ceux de l'autre. Coline Pierré propose aux amoureux d'aujourd'hui d'imaginer une nouvelle façon de s'aimer, loin des archétypes. Une déclaration d'amour à l'amour.

Voyages à perdre haleine

Libert, Béatrice (1952-....)
En avant ! Ce qui fait avancer le lapin, c'est la carotte. Ce qui fait voyager l'ânesse, c'est le son sans la musique. Ce qui fait décoller les poètes, ce sont les ailes de l'amour et quelquefois, venu on ne sait d'où, un jeu de mots casse-cou.

Wilderness : Ecrits perdus

Morrison, Jim (1943-1971)
"La vraie poésie ne veut rien dire, elle ne fait que révéler les possibles. Elle ouvre toutes les portes. A vous de franchir celle qui vous convient. C'est la raison pour laquelle je suis tellement attiré par la poésie, elle est si éternelle. Tant qu'il y aura des hommes, ils pourront se souvenir des mots et de leurs combinaisons. Seules la poésie et les chansons peuvent survivre à un holocauste. Personne ne peut mémoriser un roman entier, un film, une sculpture ou une peinture. Mais, tant qu'il y aura des êtres humains, les chansons et la poésie pourront perdurer. Si ma poésie a un but, c'est de libérer les gens de leurs oeillères, de démultiplier leurs sens". Ce recueil rassemble les écrits poétiques du chanteur des Doors, qu'il notait sur le vif dans des carnets découverts à Paris après sa mort.

temps est une mère (Le)

Vuong, Ocean (1988-....)
Le premier roman d'Ocean Vuong, Un bref instant de splendeur, prenait la forme d'une lettre adressée par un fils à sa mère analphabète. Dans Le temps est une mère, son deuxième recueil de poèmes, Vuong renoue avec cette voix singulière, qui témoigne de la violence des traumas autant que des éblouissements de l'amour. Confiant dans les pouvoirs du langage, le poète use ici des ressources vivifiantes de la poésie pour faire face à la perte de sa mère et donner forme à l'absence. D'un poème à l'autre, des souvenirs émergent, révélateurs des blessures de l'Amérique. D'une rare intensité émotionnelle, la langue d'Ocean Vuong casse la syntaxe pour mieux recréer un lien au point de bascule d'un vers à l'autre. Elle s'autorise des audaces formelles toujours irriguées par un lyrisme incandescent, faisant de ce recueil un sommet d'humanité, qui cherche sans cesse à préserver la beauté.
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