Cent jours à Palerme
Résumé
Printemps 1982. Après avoir brillamment combattu les Brigades Rouges, le général Dalla Chiesa accepte le poste de préfet de Palerme, ville contrôlée par la mafia sicilienne. Incorruptible, inflexible, il va devenir la bête noire de l'organisation criminelle.
Notre avis
Cent jours à Palerme retrace les derniers jours de Carlo Alberto dalla Chiesa, nommé préfet de Palerme avant d’être assassiné par la mafia. Le film suit pas à pas cet homme droit et inflexible, incarné par un Lino Ventura impeccable dans l’un de ses derniers rôles. La raideur et la droiture du général conviennent parfaitement à l’acteur.
Ce qui rend le film saisissant, c’est le ton implacable de la mise en scène. Derrière ses allures de poliziottesco et son esthétique des années 70, le film refuse tout romantisme héroïque. Giuseppe Ferrara filme la violence de manière crue et sèche, montre la lenteur bureaucratique, les relations cordiales et fermes, la corruption polie. Même les moments intimes entre le préfet et son épouse tranchent par leur froideur, comme si leur lien tenait plus de la protection paternelle que de la passion conjugale.
Le parti pris du réalisateur qui consiste à se concentrer sur le préfet et son entourage, laissant à l’arrière-plan la mafia, renforce l’efficacité de ce film dur et réaliste. Ferrara choisit de dépeindre l’usure d’un homme seul face à un système vicié, et c’est cela qui donne à Cent jours à Palerme une force rare, celle d’un film sans illusion mais d’une rigueur admirable.