Les transfuges de classe


Ainsi parlait ma mère : roman

Benzine, Rachid (1971-....)
Chaque fois qu'elle a besoin d'apaisement, la mère du narrateur, ne sachant pas lire, lui demande de lui faire la lecture du roman La peau de chagrin, de Balzac. A travers cet ouvrage, ce dernier prend conscience de la puissance de la littérature. Premier roman.

Ce qu'il aurait fallu dire : roman

Anne-Braun, Alexis (1988-....)
Victor a passé sa jeunesse à tenter d'échapper à la province où il est né et qui l'étouffe. Il a obtenu un doctorat en philosophie à la Sorbonne, s'est fait des amis et a trouvé l'amour à Paris. Or, il est muté comme professeur au lycée polyvalent de Friville-Escarbotin. Ce retour en région provoque chez lui une crise violente mais le pousse à transformer son regard et à montrer moins d'orgueil.

Changer : méthode

Louis, Edouard (1992-....)
" Une question s'est imposée au centre de ma vie, elle a concentré toutes mes réflexions, occupé tous les moments où j'étais seul avec moi-même : comment est-ce que je pouvais prendre ma revanche sur mon passé, par quels moyens ? J'essayais tout "

Connemara

Mathieu, Nicolas (1978-....)
Hélène a bientôt 40 ans. Elle a fait de belles études, une carrière. Elle a réalisé le programme des magazines et le rêve de son adolescence : se tirer, changer de milieu, réussir. Et pourtant, le sentiment de gâchis est là, les années ont passé, tout a déçu. Christophe, lui, n'a jamais quitté ce bled où ils ont grandi avec Hélène. Il n'est plus si beau. Il a fait sa vie à petits pas, privilégiant les copains, la teuf, remettant au lendemain les grandes décisions, l'âge des choix. On pourrait croire qu'il a tout raté. Et pourtant, il croit dur comme fer que tout est encore possible. Connemara c'est l'histoire d'un retour au pays, d'une tentative à deux, le récit d'une autre chance et d'un amour qui se cherche par delà les distances dans un pays qui chante Sardou et va voter contre soi.

Crèvecoeur

Sciarrino, Emilio (1988-....)
" À cette heure-là, un bol de chocolat fumant l'aurait attendue sur la nappe de toile cirée aux petits carreaux, une baguette molle de la veille, les céréales glacées de sucre au paquet décoré d'un tigre souriant et, si les jours étaient fastes, un pot de pâte à tartiner. Son père aurait pris son café, tenant la tasse des trois doigts qui lui restaient à la main droite, sa mère aurait fait griller du pain de mie en regardant, distraite, les infos à la télé. " À 17 ans, Elise Maldue quitte son village de Crèvecoeur, en Picardie. Parviendra-t-elle à laisser derrière elle l'horizon trop étroit, la langueur des soirées trop longues, la perspective d'une vie déjà écrite ? Peut-on jamais se réinventer ? Dans une langue juste et délicate, un roman d'initiation à l'acuité troublante.

En finir avec Eddy Bellegueule : roman

Louis, Edouard (1992-....)
Elevé dans une famille ouvrière pauvre de Picardie, Eddy subit les quolibets et la violence de ses camarades, de son père alcoolique et de sa mère revêche qui le trouvent trop efféminé. Lui-même finit par se poser la question de son homosexualité. Premier roman.

Encore vivant

Souchon, Pierre (1972-....)
Un récit autobiographique à travers lequel P. Souchon évoque sa bipolarité. Alors qu'il vient de se marier avec une femme de la grande bourgeoisie parisienne et qu'il a trouvé un emploi de journaliste, le narrateur, victime d'une crise maniaco-dépressive, est délogé d'une statue de Jean Jaurès où il a trouvé refuge et est conduit à l'hôpital psychiatrique. Premier roman.

Et tes parents, ils font quoi ? : Enquête sur les transfuges de classe et leurs parents

Naselli, Adrien
Depuis qu'il est arrivéà Paris, Adrien Naselli, père conducteur de bus et mère secrétaire, tient une liste des gens comme lui, ces " transfuges de classe " qui concentrent l'attention des médias. Pour cette enquête, il est alléà la rencontre de leurs parents. Ils sont ouvriers, agriculteurs, aides-soignantes, petits employés, tandis que leurs enfants sont journalistes, écrivains, magistrats ou universitaires. Ils gagnent le smic ou à peine plus, ont quitté l'école avant dix-huit ans et n'ont pour la plupart jamais pris l'avion. Dans le conte de fées de la méritocratie, ils sont l'envers du décor. Dans ce livre tendre et poignant, Adrien Naselli a voulu redonner la parole à ceux qu'on n'entend jamais. Princes et princesses de la République, les transfuges de classe ont vu leurs parents, ni rois ni reines, relégués au second plan. Ce livre leur rend la couronne.

Héritocratie : Les élites, les grandes écoles et les mésaventures du mérite (1870-2020)

Pasquali, Paul
Pour relancer un " ascenseur social " interminablement en panne, les grandes écoles affichent depuis quelques années leur ouverture à la " diversité " et leur volonté de renouer avec la méritocratie qu'elles auraient incarnée par le passé. Certains les accusent au contraire d'instaurer des critères étrangers au mérite, quand d'autres dénoncent une volonté de sceller le sort des universités, reléguées à la gestion des flux étudiants. Mais, de la IIIe République à nos jours, les grandes écoles ont-elles jamais récompensé le mérite ? En retraçant les controverses oubliées et les choix politiques qui ont garanti les prérogatives de ces établissements et ainsi légitimé un haut niveau de reproduction sociale, cette enquête sociohistorique montre que rien n'est moins sûr. Si l'évocation rituelle de figures emblématiques de boursiers entretient le mythe d'un âge d'or méritocratique, l'histoire de ces filières d'excellence révèle la pérennité d'un système héritocratique, grâce auquel des élites résolues à défendre leurs frontières et leurs intérêts parviennent à consacrer leur héritage comme un privilège mérité. Replacée dans des rapports de force qu'occulte la croyance en l'égalité des chances, l'introuvable démocratisation des grandes écoles ne s'explique pas par un complot de caste, mais par une succession de luttes dont les élites en place sont régulièrement sorties victorieuses. Face aux perspectives de changement et aux projets de réforme, elles ont su se mobiliser pour restaurer l'ordre qui était sur le point de s'ébranler. Des lendemains de la Commune au Front populaire et à la Résistance, de la Libération à Mai 68 et aux années Mitterrand jusqu'à Parcoursup et la refonte de l'ENA, la continuité qui s'observe derrière les secousses éphémères et les évolutions structurelles ne relève donc pas d'une mécanique implacable - ni d'une fatalité politique.

Illégitimes

Slaoui, Nesrine
Depuis un quartier populaire d'Apt, elle rêvait de journalisme, de Paris, de Science Po. Avec une mère femme de ménage, un père maçon et un nom à consonnance "étrangère", elle savait qu'elle devrait redoubler d'efforts. Elle les a faits. De retour dans la petite ville de son enfance à l'heure où le pays tout entier a été sommé de ne plus bouger, elle mesure à la fois tout ce qui la sépare désormais des siens, de son histoire, et tout ce qui l'y rattache encore, qui la constitue, et qu'elle essaie de préserver. Pourquoi faut-il que certains rêves vous arrachent à vous-même ? Quelle couleur de peau faut-il avoir, et quel nom faut-il porter pour pouvoir décider de son avenir ? C'est le récit d'une réussite mélancolique. Critique, aussi. A l'égard de toute la violence qu'elle a dû et doit encore affronter, simplement pour trouver sa place sans être obligée de devenir quelqu'un d'autre. C'est aussi un hommage à tous ceux pour qui la légitimité demeure un combat permanent.

Juste en passant

Jaquet, Chantal (1956-....)
Dans un exercice de retour sur soi, la philosophe Chantal Jaquet met au clair ce qui dans la philosophie l'a sauvée d'une enfance douloureuse et la sauve encore aujourd'hui du vide. Pour elle, la vertu de la philosophie est qu'elle produit une disruption dans la pensée ordinaire et invite à élargir le champ étroit du présent. Pour cette grande spécialiste de Spinoza, les principales qualités requises pour un philosophe sont celles que Voltaire prêtait à madame de Choiseul : " la justesse dans l'esprit et la justice dans le coeur ". Au fil des mots et des souvenirs, Ch. Jaquet prend ici conscience que le lien entre tous ses travaux en apparence éclatés, c'est la question du passage, qui est aussi au coeur de son parcours de transclasse, concept qu'elle a elle-même forgé. Qu'est-ce qui passe et qu'est-ce qui reste, qu'est-ce qui est passager ou pérennisé, au cours de la mutation et de la transition ? Soucieuse de communiquer son amour du juste, dans le social, le politique et l'intime, elle livre ici une réflexion magistrale sur l'art de penser et l'art de se révolter.

L'envol

Valognes, Aurélie (1983-....)
Entre une mère et sa fille, l'amour reste toujours fragile. Entre bienveillance et malentendus, envie d'être ensemble et désir d'émancipation, portraits croisés d'une mère célibataire et de sa fille unique. D'abord fusionnelle, leur relation se distend quand l'école puis l'ascension sociale de la fille viennent heurter les rêves plus modestes de la mère.

L'invention de nos vies : roman

Tuil, Karine (1972-....)
Sam Tahar est un avocat redouté, il est riche, connu et reconnu. Mais sa réussite repose sur une imposture car pour trouver sa place sociale, il a pillé la vie de son meilleur ami, un écrivain raté en couple avec une mannequin. Ce trio était ami, il y a vingt ans. A l'occasion de retrouvailles, l'avocat est rattrapé par son passé : il s'appelle en fait Samir, enfant des cités.

La petite dernière : roman

Daas, Fatima (1995-....)
Fatima Daas vit dans une famille musulmane pratiquante originaire d'Algérie. Habitant à Clichy-sous-Bois, elle est une élève instable puis une adulte inadaptée. Etouffée par un environnement où l'amour et la sexualité sont tabous, elle est remarquée pour son talent d'écriture et commence des études littéraires, tout en découvrant son attirance pour les femmes. Premier roman.

La vie mensongère des adultes : roman

Ferrante, Elena (1943-....)
Giovanna connaît une enfance privilégiée dans les hauteurs de Naples. Alors qu'elle surprend une conversation de ses parents, dans laquelle son père la compare à une tante à la réputation maléfique, la jeune adolescente, bouleversée par ce rapprochement inattendu, fouille dans le passé de sa famille et part à la rencontre de cette tante Vittoria qui habite dans les quartiers pauvres de la ville.

La honte

Ernaux, Annie (1940-....)
J'ai toujours eu envie d'écrire des livres dont il me soit ensuite impossible de parler, qui rendent le regard d'autrui insoutenable. Mais quelle honte pourrait m'apporter l'écriture d'un livre qui soit à la hauteur de ce que j'ai éprouvé dans ma douzième année.

La littérature est une manière de rendre les coups : Bookmakers

Mathieu, Nicolas (1978-....)
Comment écrire sans trahir le milieu d'où l'on vient ? De sa première rédac' au Goncourt reçu à 40 ans pour Leurs enfants après eux, en passant par ses "chocs" en lisant Céline, Manchette ou Annie Ernaux, Nicolas Mathieu revient sur la naissance de sa vocation, sa discipline quotidienne et les "coups" que la littérature "lui permet de rendre à la vie, qui nous en met pleine la gueule" le temps d'une conversation précise et généreuse. Une plongée passionnante dans la fabrique et les mondes intérieurs du petit bleu des Vosges, devenu l'une des figures montantes du roman contemporain, dont la colère contre "les mensonges, le tout falsifié" reste l'un des carburants, et qui dit avec joie avoir appris davantage en matant Les Soprano qu'en étudiant Tolstoï. "Bookmakers" est à l'origine un podcast littéraire diffusé sur Arte Radio. Chaque mois, Richard Gaitet écoute les plus grands écrivains francophones détailler leurs secrets d'écriture.

La place

Ernaux, Annie (1940-....)
"Enfant, quand je m'efforçais de m'exprimer dans un langage châtié, j'avais l'impression de me jeter dans le vide. Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m'aurait obligée à bien parler sans arrêt en détachant les mots. On parlait avec toute la bouche. Puisque la maîtresse me "reprenait", plus tard j'ai voulu reprendre mon père, lui annoncer que "se parterrer" ou "quart moins d'onze heures" n'existaient pas. Il est entré dans une violente colère. Une autre fois : "Comment voulez-vous que je ne me fasse pas reprendre, si vous parlez mal tout le temps ! " Je pleurais. Il était malheureux. Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancoeur et de chicanes douloureuses, bien plus que l'argent". Prix Renaudot 1984. Prix Nobel de littérature 2022.

Le Nouveau Nom

Ferrante, Elena (1943-....)
Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano l'a trahie en s'associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu'elle déteste depuis son plus jeune âge. C'est pour elle, née pauvre et devenue riche en épousant l'épicier, le début d'une période trouble : elle méprise son époux, refuse qu'il la touche, mais doit céder. Elle travaille désormais dans la nouvelle boutique de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara. De son côté, son amie Elena Greco, la narratrice, poursuit ses études au lycée et est éperdument amoureuse de Nino Sarratore, qu'elle connaît depuis l'enfance et qui fréquente à présent l'université. Quand l'été arrive, les deux amies partent pour Ischia avec la mère et la belle-soeur de Lila. L'air de la mer doit aider Lila à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino. Le nouveau nom est la suite de L'amie prodigieuse, qui évoque l'enfance et l'adolescence de Lila et Elena.

Le cahier de recettes : roman

Durand, Jacky (1962-....)
Un homme accompagne son père dans les derniers jours de sa vie. A l'hôpital, il l'interroge sur l'endroit où il a laissé le carnet dans lequel il notait ses recettes de cuisine, mais aussi sur les raisons qui l'ont poussé à empêcher son fils de devenir à son tour cuisinier.

Les transclasses ou La non-reproduction

Jaquet, Chantal (1956-....)

Leurs enfants après eux

Mathieu, Nicolas (1978-....)
Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l'Est, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l'ennui, il décide de voler un canoë et d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une époque, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de "Smells Like Teen Spirit" à la Coupe du monde 98, pour raconter cette France de l'entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d'"Intervilles", des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Monique s'évade

Louis, Edouard (1992-....)
Une nuit, j'ai reçu un appel de ma mère. Elle me disait au téléphone que l'homme avec qui elle vivait était ivre et qu'il l'insultait. Cela faisait plusieurs années que la même scène se reproduisait : cet homme buvait et une fois sous l'influence de l'alcool il l'attaquait avec des mots d'une violence extrême. Elle qui avait quitté mon père quelques années plus tôt pour échapper à l'enfermement domestique se retrouvait à nouveau piégée. Elle me l'avait caché pour ne pas "m'inquiéter" mais cette nuit-là était celle de trop. Je lui ai conseillé de partir, sans attendre. Mais comment vivre, et où, sans argent, sans diplômes, sans permis de conduire, parce qu'on a passé sa vie à élever des enfants et à subir la brutalité masculine ? Ce livre est le récit d'une renaissance...

Petit frère : Comprendre les destinées familiales

Coutant, Isabelle (1973-....)
Pourquoi dans une fratrie l'un s'en sort et l'autre pas ? Au coeur de ce livre, il y a la mort de Wilfried, un ancien caïd tué à 36 ans lors d'un règlement de comptes en 2016. La sociologue Isabelle Coutant l'avait rencontré quinze ans plus tôt. Yvon Atonga est l'aîné quasi-jumeau de Wilfried, ils ont grandi ensemble dans la même famille issue de l'immigration congolaise et dans le même quartier de Villiers-le-Bel au cours des années 1980-90. Il a voulu comprendre pourquoi son frère n'avait pas échappé au "ghetto" alors que lui avait réussi. La question taraudait aussi la sociologue. Le projet de cet ouvrage à deux voix était né. L'enquête "d'Isabelle" auprès de la famille et des proches, et le récit personnel "d'Yvon" alternent et s'élucident mutuellement. Et cette socio-analyse prend valeur thérapeutique. Ce livre est aussi un livre de deuil, qui veut briser la fatalité des destins tracés et servir d'exemple aux "petits frères" d'aujourd'hui.

Retour à Reims [fragments]

Périot, Jean-Gabriel (1974-....)
A travers le texte de Didier Eribon interprété par Adèle Haenel, "Retour à Reims [fragments]" raconte en archives une histoire intime et politique du monde ouvrier français du début des années 1950 à aujourd'hui.

Retour à Reims

Eribon, Didier (1953-....)
Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d'origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l'histoire de sa famille. Evoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d'une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie... Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s'interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance. Un grand livre de sociologie et de théorie critique. Après avoir porté le texte au théâtre dans une mise en scène de Thome Ostermeier, Irène Jacob s'empare à nouveau de ce témoignage vibrant, et en livre une lecture exceptionnelle.

Se ressaisir

Lagrave, Rose-Marie
Cette enquête que la sociologue a menée au sein de sa famille restitue l'histoire de la migration de classe d'une enfant issue de milieu modeste, qui parvient, au travers de socialisations successives, à devenir professeure à l'EHESS. En retraçant les étapes de son parcours, elle interroge les dynamiques à l'oeuvre dans l'ascension sociale et met en évidence la portée du genre dans ce processus.

Trahir et venger : Paradoxes des récits de transfuges de classe

Veron, Laélia (1987-....)
Les récits de transfuges de classe - c'est-à-dire des personnes ayant connu une forte mobilité sociale, souvent ascendante - se sont multipliés ces dernières années, dans des domaines divers (littéraire, sociologique, politique, médiatique) et sur des supports variés (livres, journaux, réseaux sociaux). Comment expliquer un tel succès ? C'est que le récit de transfuge traite aussi bien d'enjeux collectifs (la place des classes populaires, les injustices et les possibilités de réparations sociales) que d'enjeux personnels (le parcours de vie singulier, l'identité fractionnée, l'acceptation de soi), dans une perspective souvent présentée comme politique. Peut-on à la fois trahir les siens, en changeant de classe, en adoptant d'autres valeurs, voire une autre identité, tout en prétendant les venger, en leur offrant un espace de représentation, en leur rendant une parole publique dont ils et elles sont privées ? Tel est le principal paradoxe du discours de transfuge qui prétend porter une parole populaire mais qui peut être accusé de la confisquer. En adoptant les outils de l'analyse du discours, ce livre interroge les ambitions du récit de transfuge de classe. Est-il un contre-récit, qui s'oppose aux récits dominants, ou bien est-il devenu, malgré lui, un récit mythique, récupéré par le storytelling médiatique et politique libéral ?

Un homme sans titre

Le Clerc, Xavier
"Si tu étais si attaché à ta carte d'ouvrier, c'est sans doute parce que tu étais un homme sans titre. Toi qui es né dépossédé, de tout titre de propriété comme de citoyenneté, tu n'auras connu que des titres de transport et de résidence. Le titre en latin veut dire l'inscription. Et si tu étais bien inscrit quelque part en tout petit, ce n'était hélas que pour t'effacer. Tu as figuré sur l'interminable liste des hommes à broyer au travail, comme tant d'autres avant toi à malaxer dans les tranchées". En lisant Misère de la Kabylie, reportage publié par Camus en 1939, Xavier Le Clerc découvre dans quelles conditions de dénuement son père a grandi. L'auteur retrace le parcours de cet homme courageux, si longtemps absent et mutique, arrivé d'Algérie en 1962, embauché comme manoeuvre à la Société métallurgique de Normandie. Ce témoignage captivant est un cri de révolte contre l'injustice et la misère organisée, mais il laisse aussi entendre une voix apaisée qui invite à réfléchir sur les notions d'identité et d'intégration.

Voyage de classes : des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtent dans les beaux quartiers

Jounin, Nicolas
Le sociologue présente le travail d'une centaine d'étudiants de l'université de Saint-Denis lors d'une enquête sociologique qu'ils ont menée auprès de représentants des classes supérieures dans le VIIIe arrondissement de Paris. Il décrit leur appropriation des méthodes et outils de la sociologie, les formes de discrimination sociale à leur égard, leur exploration des rapports de classe, etc.

ville noire (La)

Sand, George (1804-1876)
Armurier de talent, Sept-Epées rêve de devenir patron et de s'installer à la ville haute, chez les bourgeois. Mais pour satisfaire cette ambition, il lui faudrait sacrifier son amour pour la belle Tonine... Roman social méconnu, La Ville noire brosse un portrait sensible de la fierté ouvrière et esquisse une utopie socialiste lumineuse. Notes lexicales- Biographie de l'autrice- Contexte historique et littéraire- Genèse et genre de l'oeuvre- Chronologie et carte mentale- Explications linéaires guidées- Sujet de commentaire guidé- Glossaire d'analyse littéraire.
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Jeune homme devant un bâtiment